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Jean Van Herzeele est un collectionneur de films en support argentique retraité dans la Nièvre, depuis 1987. Par sa passion, il est à l'origine de l'initiative de son petit-neveu, Frédéric Rolland, de créer l'Atelier du 7ème Art et ce portail internet.

Jean Van Herzeele est donc le président naturel de la structure puisqu'il l'héberge sans pour autant participer autrement que comme l'amateur de cinéma qu'il a toujours été depuis au moins la fin des années 1950. Ses liens avec les acteurs du patrimoine cinématographique local comme le Ciné-club d'Avallon sont forts et anciens. Petit à petit, de par sa localistion dans le village de Dornecy dans la Nièvre, le lieu se dénomme par usage "La cinémathèque du Lavoir".

Frédéric Rolland prend, petit à petit, la relève en faisant, dès 1987, l'inventaire des films, puis de longues études de cinéma à partir de 1993, ses propres acquisitions depuis 1999 et finalement l'essentiel de son activité professionnelle à travers l'enseignemant et comme consultant ou animateur.

Nous arrivons, aujourd'hui, de façon cumulée, à un total d'environ 3800 unitaires (documentaires et fictions dont plus de 740 longs métrages argentiques); 150 films amateurs et plus de 2000 publicités ou bandes annonces ainsi qu'environ 100 appareils, 1000 affiches et 7000 tirages de photographies d'exploitations. Plus de 70% des collections sont des acquisitions effectuées depuis 1999.

Notre investissement commun dans cette collection nous a amené à créer une association l'Atelier du 7ème Art en 2012 qui englobe nos deux collections et sert à la communication de celle de Pascal Rigaud et son fantastique musée riche de 1000 appareils et autant de films ou de Bruno Bouchard animateur de cinéma (déjà très actif sur les réseaux sociaux).

Présentation de Jean Van Herzeele

Ancien restaurateur dans le 15ème arrondissement à Paris "Jeannot", né en 1929, se consacre aujourd'hui à ses passions : la bonne bouffe (qui fait la joie du village dont il est adjoint au maire) et surtout sa collection de films. Comme à Paris, où le sous sol de son restaurant, rue Tiphaine (sujet d'un numéro de l'émission Les Amoureux du Cinéma début 1987) était connu des cinéphiles et de Maurice Pialat (qui y tourna son film Loulou), il a installé chez lui une salle de cinéma avec un écran de 3,80 m de large sur 2,10 m de haut.

"Jeannot" est un vrai amoureux du cinéma, un passionné un peu comme Henri Langlois en son temps à la Cinémathèque française... mais en plus modeste. Sa collection privée est constituée de centaines de films de toutes durées, de presque tous les formats (16 mm, 35 mm et quelques 9,5 mm) ainsi que de projecteurs. Il garde une petite part du patrimoine cinématographique, pour sa préservation mais aussi pour le plaisir du contact avec le support cinéma (photochimique). Ses qualités humaines en font quelqu'un dont la compagnie est très recherchée.


C'est suite à un gain à la loterie nationale en 1942 que son père achète un premier projecteur 9,5mm et que Jeannot, commence à projeter. En 1948, il fait l'acquisition de son premier projecteur personnel et de premières copies en 16 mm, mais n'en acquiert en quantité qu'à partir de 1959 (elles sont aujourd'hui l'essentiel de la collection) grâce au marchand de films parisien Georges Gayout qui était un clien régulier du restaurant. Finalement, il s'équipe dans les années 1970 de deux projecteurs 35 mm "National" avant son installation définitive en Bourgogne en 1987.

Il a accumulé des films comme on allait à l'époque au cinéma, pas forcément pour voir "un" film en particulier mais "pour se faire une toile", sa collection est donc dans une logique de lots constitués "le tout venant" entre les années 1950 et 1990.

Depuis 1999, la salle est aussi équipée en vidéo-projection avec un ensemble DVD idoine qui, bien que n'ayant pas le charme du cinématographe, permettent de voir dans de très bonnes conditions des titres qu'il est aujourd'hui impossible d'obtenir en support film et une collection significative d'environ 2000 vidéogrammes. En avril 2010, nous avons fait l'acquisition d'un équipement Haute Définition qui clairement pose la question de la collection de films sous un angle un peu différent qu'auparavant pour de nombreux collectionneurs. Cependant, le support argentique reste le favori dans notre cœur même si les séances sont plus longues à préparer (surtout en 35 mm) qu'en appuyant sur quelques boutons avec un vidéo-projecteur. En juin 2010, Jeannot a d'ailleurs fait l'acquisition d'un nouveau projecteur 35 mm portable avec une lampe de 750 w au Xénon.

Au fil du temps, sa belle maison au bord d'un lavoir est devenue un petit musée du cinéma souvent visité par les écoles de la région et Jeannot est devenu une célébrité locale. Il est également, outre nos activités dans le cadre de l'Atelier du 7ème Art, en relation avec des membres des associations culturelles cinéphiliques de la région comme le Ciné-club d'Avallon, de Tonnerre, d'Auxerre, etc. dans un cadre cependant, de plus en plus, limité par les réalités juridiques.

Que les exploitants et distributeurs se rassurent nous ne faisons aucune forme d'exploitation publique des longs-métrages dans le cadre de l'association. C'est en famille et parfois avec nos amis que nous profitons du cinématographe même s'il est déjà arrivé par le passé à Jeannot d'aider en équipements des ciné-clubs (via son projecteur portable 16 mm à grande capacité) ou, par exemple, faire une fois par an, une projection en plein air comme un ciné-concert avec des films muets tombés dans le domaine public.

Beaucoup oublient que sans les collectionneurs privés de films, il n'y aurait, le plus souvent, pas de collections de films (même publiques) et il faut donc les respecter. Signalons d'ailleurs que depuis une cassation de 1973 (non déjugée depuis) la possession n'est pas interdite même pour le 35 mm, même s'il en va différemment des échanges importants en volume dans ce format.

Ci dessous lien vers un direct de France 3 Bourgogne Franche-Comté pour l'émission "Ça manque pas d'air" présenté par Jean François Lapchine avec nous deux (Jean Van Herzeeele et Frédéric Rolland), le 25 octobre 2010 (durée 10 minutes).

http://bourgogne-franche-comte.france3.fr/evenement/cmpda/

Présentation de Frédéric Rolland

Pour ma part, c'est dès 1987 que je me suis lancé dans l'inventaire de la collection mais seulement en 1999 que j'ai orienté mon activité profesionnelle et de recherche vers les archives à la suite d'un stage à l'ECPA. A partir de ce moment, j'ai commencé à enrichir la collection pour le multiplier par tois en 18 ans en pensant d'abord créer une Cinémathèque locale (une "cinémathèque du Morvan") puis, finalement, l'Atelier du 7ème Art en 2012 à Dornecy sur le site de "La cinémathèque du Lavoir".

Je suis donc le secrétaire général de l'Atelier du 7ème Art et webmestre du site. Outre mon activité depuis avril 2017 de responsable de responsable de la Cinémathèque Centrale de l'Enseignement Public (qui dépend de la Direction des bibliothèques universitaires de l'Université Paris 3) et précédement d'enseignement, de consultant ou mes animations qui sont d'ailleurs l'objet de pages dédiées sur mon site plus personnel cinematographe.org.

Outre l'acquisition de nombreux petits projecteurs dont en 16mm pour des animations extérieures et de fims dont documentaires j'ai impulsé une modeste aide à des ayants-droits ou distributeurs, des festivals de cinéma "bis" au tournant des années 2004-2014 qui s'est tarit aujourd'hui du fait du passage au cinéma numérique de l'exploitation (qui n'est généralement plus capable de passer du 35mm). L'objet film devient maintenant un objet "vintage" qu'il faut apprendre à connaître.

Mon expertise comme consultant porte, en premier lieu, sur les fonds d'archives audiovisuelles à valoriser (comme celui de la DGAC). J'étais également jusqu'en mars 2017 également recherchiste avec une attention portée aux "marges du cinéma" (en particulier le "cinéma Bis", les films institutionnels, aux films de voyages, etc.). Je m'intéresse, en particulier, au documentaire comme cette séquence d'un sujet des actualités militaires américaines de 1945 sur les combats de la poche de Saint-Nazaire.

La valorisation de ces collections

Les films de nos collections ne sont pas tous forcément rares, mais, bien avant la création de notre association, il est déjà arrivé par le passé que des ayants-droit ou des distributeurs fassent appel à Jeannot, car ils n'avaient pas conservé une copie de leurs propres films y compris pour des longs-métrages ! Nous avons d'ailleurs effectué en 2006 un dépôt de films de longs-métrages en 35mm à la Cinémathèque française pour que tous puissent y avoir accès (dont la dernière copie au monde d'un film asiatique). Beaucoup de films n'ont, en effet, jamais été édités en vidéo et certains ne le seront d'ailleurs jamais (ou alors dans très longtemps) pour des raisons qui n'ont rien de sentimental. D'ailleurs pour pouvoir faire des éditions en HD ou remplir les contenus d'Internet en Web 2.0, 3.0, 4.0, etc. encore faut-il avoir les films ! La collecte est encore loin d'être achevée comme certains recoupements élémentaires le montrent sur les bases de données... Quand elles existent.

Depuis 2015, je collabore avec l'agence l'Atelier des archives qui a pour mission de marchandiser certains contenus dont des actualités étrangères ou des publicités anciennes dont j'effectue les télécinémas (en 16 et 35mm). Au total, environ 150 titres (le plus souvent d'acquisition récentes) sont, en mai 2016, dans l'agence ce qui est un autre moyen de rendre accessible des titres pour la télévision à travers des documentaires d'archives. Mon objectif est d'associer d'autres collectionneurs à cette démarche parmi les membres de l'ALICC dont je suis vice-président et le webmaster.

Ces dernières années, nous accueillons également un certain nombre de films amateurs dans tous les formats du 8mm au 16mm entre 1944 et 1982. Il s'agit de plusieurs fonds importants pour un total, en mars 2016, de près de 150 boites pour une cinquantaine d'heures d'images inédites anciennes de l'Amazonie à la Papouasie en passant par l'Yonne ou Paris.
Nos moyens actuels sont limités mais ces films qui sont souvent d'une grande beauté demandent à être valorisés, ce que notre structure va s'efforcer de faire après les avoir sauvés des poubelles.
Ci-après quelques extraits de ces films formidables numérisés, début 2014, suite à un don d'un couple du Morvan, qui réalisait de merveilleux films de voyage dans les années 1970.

 

Alors que nous n'avons pas obtenu d'aides financières pour notre structure à son lancement (en 2012-2013), la numérisation et la sauvegarde de ces films sont un des mes axes sur le plan professionnel, spécialement sur certaines thématiques comme, par exemple, le film institutionnel aéronautique (objet d'une page dédiée sur cinematographe.org). Je me positionne d'ailleurs, en marge de nos activités purement associatives (dont à l'ALICC comme secrétaire général), en tant que consultant et recherchiste dans ces fonds privés que je connais bien pour plusieurs raisons, dont celle d'avoir soutenu en 2009 ma thèse de doctorat sur Les collections privées de films de cinéma en support argentique en France.

Précédemment à la création de l'Atelier du 7ème Art, j'avais collaboré aux programmations d'un festival récurrent créé par Bruno Bouchard de le Ciné de papa (entre 2010 et 2012): le festival La pellicule au tableau (ci-après une vidéo sur la seconde édition en 2011). [D'autres vidéos sont accessibles via la page Cinematographe.org ou surtout la page Youtube]. C'est un bon exemple de valorisation de fonds méconnus dont la collection.

A partir de l'année 2015, l'Atelier du 7ème Art reprend le flambeau pour proposer une programmation de films pédagogiques assez proche du festival original, mais en itinérance, avec une journée pour les scolaires et une journée pour le grand public dans les petites villes de la région comme à Vézelay en avril 2015. Sont également valorisés les fonds partenaires comme la cinémathèque du Musée Nivernais de l'Education.

En 2010 et en mars 2017, j'ai eu l'opportunité de récupéer des centaines de films pédagogiques provenant de plusieurs fonds. Nous devenons donc plus autonaute en matière de programmation et en même temps j'aide à la mise en relation des fonds pour compléter les ressources publiques en titres perdus. Des titres sont et seront rétrocédés aux structures à partir de la collection et environ une centaine d'autres repérés dans les cinémathèques partenaires pour compléter les collections nationales.

En janvier 2017, c'est 200 bobines de rushs divers de la RTF du début des anénes 1960 qui viennent complétés la collection et pas moins de 1500 autres éléments courts et longs en mars 2017.

Après de nombreuses péripéties je réalise un documentaire de 52 minutes Les amoureux de la pellicule. Le film est à la recherche d'un diffuseur pour exister à la hauteur d'un sujet inédit, passionnant et très visuel à la fois.

Le siège de l'Atelier du 7ème Art.

Les moyens sont modestes mais sont compensés par la passion. Les copies ne sont pas toujours de la première jeunesse et celles en couleurs ont parfois viré (sauf, théoriquement, celles en Technicolor ou de rares tirages en Kodachrome), mais peu importe, ce qui compte c'est le contact avec le support photochimique et des images souvent très difficiles ou parfois impossibles à voir ailleurs. La maison de Jeannot est un musée du cinéma de la cave... au grenier.

A partir de 2016, le stockage des 16 mm commence a poser des problèmes de place avec l'arrivée de centaines de nouveaux films (alors que les rares 9,5 mm tiennent dans un petit meuble) et que le 35 mm reste le plus encombrant ; chaque film de long métrage pèse dans les 25 kg et demande pour être facilement (c'est à dire rapidement) visible, d'être sous forme de galettes (bobines) en deux ou trois parties (de 1800 m) mais leur manipulation et leur stockage est bien plus délicat qu'en boîtes.

A titre indicatif, la longueur approximative du métrage des collections est, mi 2016, d'environ 2200 kilomètres de pellicules !

Les locaux du siège étant mantenant trop petits c'est, à partir de mai 2016, nous avons une annexe dans le village chez notre vice-pésidente, Annie Moratille (ma mère) que se situera une grande part de la cinémathèque éducuative en 16mm de l'Atelier du 7ème Art qui nous rendra plus autonome dans le domaine du film pédagogique. En mars 2017, un nouveau don fait grossir la cinémathèque de 1000 titres supplémentaires.

Les conditions d'hygrométrie, la proximité du sol, les variations de température, etc. sont des facteurs auxquels il faut être très attentif car les dégâts peuvent apparaître très vite (voir ma page sur la conservation via cinematographe.org ). Nous allons tenter, dans les années qui viennent, d'améliorer les conditions de stockages mais aussi l'accessibilité aux titres par des partenariats comme, par exemple, avec la Cinémathèque Centrale de l'Enseignement de l'Enseignement Public que nous aidons à compléter leur fonds via les cinémathèques avec qui nous sommes en contact.

Nous conservons des films argentiques sans exclure aucun genre (drames, policiers, films classiques, des séries B, des documentaires, des actualités, etc.) car le parcours des films jusqu'à lui fut parfois tortueux et ils sont dans des versions qui peuvent être délaissées par des éditeurs vidéo d'aujourd'hui. Par exemple, j'observe pour ma part qu'en ce qui concerne les "vieux films" en VF (version française) dont les textes à l'image, comme les "cartons" ou les pages de livres montrées à l'écran, étaient alors tournés en Français. Ils disparaissent maintenant trop souvent des DVD ou des Blu-ray pour cause de piste image unique. Pour ce qui est de la qualité des voix des nouveaux doublages des films de Capra ou simplement celles des films des années 1930, on pourrait aussi trouver à redire et avoir envie d'être plus curieux vis à vis de ces fonds d'archives pour trouver des timbres et un vocabulaire plus conforme à l'époque de la sortie des films.

Dans le domaine du "non film", notre collection est également assez significative avec des revues, 1000 affiches et des appareils du 8 au 35mm. C'est une collection vivante qui s'enrichit constamment, surtout depuis le début des années 2000, par les dons de "fans" locaux, y compris de professionnels comme dans le cas de ce projecteur 35mm qui était encore "actif" en 2011.

Mon apport direct à la collection porte surtout sur les bandes-annonces 35 mm (avec 20 fois plus de films qu'il y a 20 ans), de nombreux documentaires en 16mm (notamment sur l'aviation), des dizaines d'appareils et des centaines de nouvelles affiches ou de photographies d'exploitation dans le domaine du cinéma fantastique pour arriver au chiffre de 7000 photos d'exploitations, 700 affichettes et 1000 affiches, depuis un don en 2015, des centaines de négatifs.

Avec la mutation de l'exploitation et l'arrivée du cinéma numérique, nous sommes d'ailleurs parmi les derniers à voir ce qui est à proprement parler du "Cinéma" (argentique) et à nourrir cet encombrant hobby ! Une de nos dernières acquisitions, en janvier 2015, un "Radiocinephone" de 1948. Il s'agit d'un appareil à tiple usage très intérésant (radio, tourne disque et retrou projection en 16mm) qui fut fabriqué à 500 exemplaires.

On profite de la vie, de la bonne bouffe de Jeannot, de la campagne... et du cinéma ! Il semble d'ailleurs que la relève en soit là... avec ma fille Charlotte, car "collectionner" c'est aussi transmettre !

 

Frédéric ROLLAND